Vendredi 6 novembre 2009

   Les paradis fiscaux ne devaient plus faire la « une » des journaux. Personne ne devait en entendre parler. C'est du moins ce qu'avait affirmé le G20. Cependant, plusieurs organismes de contrôle ont réclamés des enquêtes auprès d'experts. L'organisme le plus virulent est le TJN, le Tax Justice Network, c'est lui qui commandé la majorité des enquêtes. Il a été fondé en 2002 après les réunions du Forum social européen dans le but d'informer, rassembler et stimuler les débats autour de la finance, mais, l'essentiel de sa mission est de traquer les profiteurs et de prôner une justice fiscale efficace et indépendante. Le Tax Justice Network a créé, à l'instar de l'OCDE (ndlr: Organisation de Coopération et de Développement Économique), une liste fiable des plus grands paradis fiscaux, classés à l'aide d'un indice nouveau, mieux que celui employé par l'OCDE. C'est pourquoi, des deux organismes, le Tax Justice Network reste le plus complet pour l'exigence de ses critères. 
En effet, l'indice du TJN prend en compte, en plus de celui établi par l'OCDE, « la présence, ou non, de politiques ou de lois anti-blanchiment et l'effort qui est fait, ou pas, pour développer une vraie coopération fiscale multilatérale ». Ces négligences, de l'OCDE, lui sont reprochées par la presse, qui réfute l'utilisation de ces chiffres par les États. 
  Parmi 60 pays contrôlés et épinglés, 20 ressortent nettement et quelques surprises y figurent. 
Par exemple, le premier de la liste noire, l'État du Delaware aux États Unis, pratiquement inconnu avant. Logique, puisque ce dernier ne figurait pas et ne figure toujours pas dans les listes noires de l'OCDE. Le Delaware est le 45e État au niveau de la densité de population aux États Unis. Mais, sa force est d'exiger peu d'impôts à ses habitants et aux entreprises présentent sur son sol. Il accueille régulièrement de nouvelles entreprises des secteurs primaires et secondaires voulant héberger leurs fonds dans leur complexe bancaire. Il obtient un indice de 1504 selon l'ONG TJN devant le Luxembourg à 1127 et la Suisse à 513. Mais le Tax Justice Network ne s'arrête pas qu'aux problèmes des paradis fiscaux. Il s'intéresse aussi aux retombées qu'ont ces derniers sur les pays émergeant ou en développement. Ils freinent la progression économique de ces pays et font plonger leur taux de croissance, tous cela s'ajoutant au contexte économique actuel lié à la crise. C'est pourquoi, en ce moment, le niveau de contrôle des ONG est renforcée, essentiellement pour dénoncer les activités incessantes des paradis fiscaux, mais aussi éviter l'oubli de ce dossier, toujours sur le bureau du G20, et le clivage des politiques sur cette question qui mérite une unité dans son traitement. Mais, les paradis fiscaux jettent, encore aujourd'hui, de l'huile sur brasier que constitue l'environnement économique actuel. C'est aussi pour cela que les projecteurs des médias sont braqués sur eux. Pourtant, ils semblent installés à bon compte et ne cesse de continuer leurs activités, ne jugeant pas utile aux mises en garde des Nations du G20.

Maxime Blanc
Par Maxime Blanc - Publié dans : Economique et social - Communauté : Apprentis journalistes
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Samedi 31 octobre 2009

   On parle de la Chine, de l'Inde comme pays émergeants. Certes, ils avancent, mais ceux qui pensent aussi à leur autonomie du point de vue économique, ce sont les Suds. Ils constituent une masse de population supérieure aux Nords, nous en quelques sortes, plus développés. 
Annoncé dans le Monde hier, l'Équateur serait le premier pays d'Amérique latine à se lancer dans la production indépendante de médicaments en Amérique latine et signerait donc l'arrivée de la première industrie pharmaceutique nationale du pays. 
Mais la révolution n'est pas que là, le président équatorien, Rafael Corea, a fermement condamné le recours à des médicaments fabriqués par de grandes multinationales qui apposent leurs brevets dessus et prévoit ainsi de favoriser la nouvelle industrie du pays. Une réforme qui tombe à point, car avec la crise, permettre à l'économie nationale de se « refaire une santé » est plus qu'essentiel. 
Cela permettrait peut-être d'amorcer une autre alternative à la résolution du combat des ONG contre la pauvreté et les problèmes de santé publique, auxquels se heurte plus de la moitié des équatoriens (plus 7 millions de personnes). 
   La situation en Équateur, côté qualité de vie, est la même quand Colombie, Venezuela, Brésil et Bolivie si on tient compte de l'IPH (Indice de Pauvreté Humaine) et de l'IDH (Indice de Développement Humain). Tous les pays cités aux côtés de l'Équateur sont en dessous de la moyenne mondiale sachant que les donnés de l'IPH sont de 2003 et celle de l'IDH de 2005. 
C'est peut-être l'une des raisons qui encourage les autres pays à reproduire la politique de l'Équateur vis à vis de cette industrie. 
   Même si c'est une vague d'optimisme qui arrive pour ces pays, certains problèmes subsistent. Comme, le financement de certaines licences sur des médicaments brevetés. D'après les spécialistes, il est possible d'écarter certaines licences sur des médicaments mais pas tous. 
Autre problème, les laboratoires présents en Équateur n'en sont pas véritablement. En effet, la plupart d'entre eux ne font que « conditionner le produit fini, explique Antonio Difare, gérant d'un laboratoire. L'Équateur, poursuit-il, ne pourra pas se servir de ces laboratoires pour fabriquer ses propres médicaments et devront importer le principe actif, les molécules ».
De plus, selon le quotidien El Comercio, qui a mené consciencieusement son enquête, 243 entreprises pharmaceutiques sont implantées en Équateur. Parmi elles, 177 sont étrangères ou sont des filiales de groupes étrangers. Elles constituent environ 73% de la production pharmaceutique du pays. Tout comme en Colombie, qui compte 1650 entreprises pharmaceutiques dont 594 sont nationales et 1056 sont multinationales. Ces dernières dégagent 68% des recettes contre 32% pour les laboratoires nationaux. La Colombie aura bien du mal à concurrencer les grandes firmes même avec beaucoup de bonne volonté. « Ce sera un long processus, confie Antonio Difare au Monde. »

Photo: Rafael Corea en campagne en 2006
Maxime Blanc
Par Maxime Blanc - Publié dans : Politique étrangère - Communauté : Apprentis journalistes
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Mardi 27 octobre 2009
  
   Obama l'avait promis, Guantanamo sera fermé avant la fin de la première année de son mandant (22 Janvier 2010). Pourtant, le Président américain, avec son Nobel de la Paix à la main, devra faire vite. De plus les problèmes abondent. En fait, beaucoup d'erreurs, notamment de communication, de la part de l'administration Obama laissent prétendre à la presse américaine que la fermeture de Guantanamo sera un échec pour le Président au niveau des délais. Selon le quotidien Politico, uniquement lisible sur Internet et fondé par deux anciens journalistes du Washington Post, la présidence aurait commise une série de maladresses irrattrapables. 
La première aurait été de précipiter le vote, au Sénat, du financement des transfert des prisonniers. Parmi ces derniers, certains devaient retourner sur le sol américain. Cette nouvelle, apprise le jour même pendant la séance, est perçue comme une provocation de la part des Sénateurs. 
La seconde est plus une affaire de communication. En effet, l'opinion publique dénigre de plus en plus Obama sur ce sujet. Les Américains ne veulent pas de prisonniers sur leur sol, dont la plupart sont des terroristes rappelons le. Les conseillers d' Obama avaient oubliés combien l'Amérique reste sensible à ce sujet.
   Obama aurait donc sous-estimé la résistance du Congrès et celle des Américains. Ken Gude (membre du think tank Center for American Progress) avait suggéré 18 mois de délai au lieu de 12, ce qui permet, dit-il, de « faire les choses en douceur ». Obama aurait ignoré cette remarque au moment de la campagne. 
Aucun argument vraiment fondé n'accompagnait le projet et les républicains en ont profité pour ouvrir le feu en criant au problème politique. 
Le coordinateur de l'affaire « Guantanamo » était Greg Craig, il a été dépourvu du dossier mais resterai « un des acteurs du projet » selon la Maison Blanche. Cependant, la rumeur dit qu'il risque de quitter le gouvernement très bientôt. L'affaire a été confiée à Pete Rouse, haut conseiller d' Obama. Pour le moment, les transferts se font lentement, plus lentement que ceux effectués auparavant par l'administration Bush. 
   Quand Obama avait annoncé la fermeture de Guantanamo avec un délai d'un an. Tout le monde avait été bluffé par sa détermination. Mais maintenant à la veille de dresser un premier bilan, Obama est plus en phase de nous décevoir qu'à nous impressionner. 

Photo : des manifestants anti-Guantanamo devant la Maison Blanche
Maxime Blanc
Par Maxime Blanc - Publié dans : Politique étrangère - Communauté : Apprentis journalistes
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Samedi 24 octobre 2009
                                             
   Le 16 septembre, le géant Google reconnaît, dans un blog du New York Times, que pour certaines tâches, les algorithmes informatiques ne peuvent pas remplacer les hommes. Une façon d'annoncer leur nouveau programme informatique, Recaptcha. Ce dernier est né d'un ancien programme de Google, mené par l'informaticien Luis von Ahn. Il consiste à prendre de vieux journaux ou d'autres textes, que les ordinateurs ne peuvent pas lire, et de les faire ensuite identifier par des humains. Google avait déjà fait des expériences similaires comme avec un jeu « dans lequel les utilisateurs d'Internet entraient en compétition pour ajouter des balises descriptives à des photographies, qui ont finie par faire des photos plus facilement identifiables ». Pour résumer, le programme sert à mêler l'homme à la machine pour améliorer ses compétences. Mais à quoi tout cela sert-il? Transparence oblige, Google a finalement fait le lien entre ce programme et son projet de numérisation de plusieurs millions de livres. Captcha, et donc les hommes, feraient avancer plus vite l'identification des livres et avec plus d'exactitude. 
   La mise en ligne de cet article fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Depuis 2002, Google avait dans la tête ce projet de numérisation mais le mis à exécution seulement deux ans plus tard. 
En 2004, plus de 10 millions de livres étaient scannés notamment des documents issues des bibliothèques des Universités du Michigan, Harvard et Stanford, ainsi que de la New York Public Library. En 2008, Google obtient quelques accords d'auteurs et de maisons d'éditions autorisant le libre accès de leurs œuvres sur le net. Puis vient l'article du New York Times sur le programme Captcha, en septembre 2009.  

Mais pourquoi tant de bruit? 
   Le 18 septembre, le ministère de la Justice annonce que le tribunal n'aura pas à juger, ou à réviser les accords conclus entre Google et les auteurs et les maisons d'éditions. Néanmoins, le lendemain, une coalition d'auteurs et d'associations de bibliothèques se forment pour protester. Elle est menée par Gary L. Reback, un avocat antitrust (ndlr:antimonopole) dans la Silicon Valley. Il dénonce un monopole et prévoit de faire valoir les droits des auteurs auprès du ministère de la justice. 

Pourquoi y a-t-il un monopole?  
Le contrat de Google avec les auteurs est valable que pour ceux qui ont souscrit un contrat dans une maison d'édition déjà membre du programme de Google. Les auteurs fidèles à leurs maisons d'éditions n'ayant pas conclus de contrat avec Google ne compte pas les quittés pour profiter de l'offre du géant, même si certains ont reconnus dedans l'avenir et une meilleure rémunération. 
De plus, les européens se liguent aussi contre les tribunaux américains et rejoignent les coalitions de l'opposition. « Google a tenté de calmer les opposants européens en précisant qu'une version numérisée d'un livre considéré comme épuisé aux États-Unis, mais toujours disponible dans le commerce en Europe, ne serait pas vendu en ligne sans le consentement explicite du détenteur du droit d'auteur européen ». Google conforte sont admirable place dans les affaires de conflits d'intérêts et aussi au niveau de la culture et de sa révolution. 

Maxime Blanc
Par Maxime Blanc - Publié dans : Economique et social
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Samedi 24 octobre 2009

 

   Partons d'abord de l'échelle mondiale. Dans deux semaines, s'ouvre le nouveau sommet du G20 à Pittsburgh. Tous les dossiers du précédent sommet sont encore ouverts, néanmoins suivant les pays, on observe une hiérarchisation différente. Par exemple, la France est plus attachée aux dossiers sensibles comme les bonus touchés par les traders, tandis que l'Angleterre et les États Unis classent cette question au-dessous de la pile. Bref, l'enjeu de ce nouveau G20 est la mise en œuvre de mesures qui devront être prises dans une forme de consensus avec, si possible, des délais stricts et courts et l'observation scrupuleuse des agissements de chaque pays pour chaque question soulevées à Londres. D'abord, la surveillance des banques par la BRI (ndlr : banque des règlements internationaux) qui doit leur insuffler six mesures phares. Puis, les paradis fiscaux, qui devront être traités « durement », selon les vœux de Nicolas Sarkozy, avec comme volonté « s'attaquer aux riches particuliers, mais aussi aux entreprises ». Ensuite, sujet qui fait l'objet de discussions séparées : les fonds spéculatifs, qui, pour le moment, ne verraient pas d'issues vers des mesures communes. Enfin, les ministres des finances de chaque pays ont affirmés, « vouloir coordonner leurs stratégies de sorties de crise », lors d'une réunion préparatrice fixant les intérêts convergeant de ce sommet. Ils ont aussi exprimé le souhait de voir un nouveau visage à la tête du FMI, ce qui donnerait le droit de vote aux Suds (ndlr : les Suds et les Nords sont des notations économiques pour cerner les pays riches des pays pauvres. Leurs appellations viennent du rapport similaire entre l'aspect géographique et l'aspect économique). Cela les rendraient plus proche de notre système économique. Une masse considérable de dossiers attendent les chefs d'États.

   Toujours à l'échelle mondiale, on annonçait une révolution, dans le traitement des données économiques. Mais pas n'importe quel genre de données : l'évaluation du PIB (ndlr : le produit intérieur brut, représentant pour l'heure l'indice, en %, de production dans un pays donné). Il s'agit du rapport « Stiglitz » qui a pour but d'apporter une « réflexion sur les moyens d'échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives et d'élaborer de nouveaux indicateurs de richesses ». Né d'une proposition de notre Président, le rapport Stiglitz a reçu de vives critiques, dans l'ensemble positives. Certains économistes s'apprêtaient même à qualifier le rapport de « révolutionnaire ». Cependant,  le collectif Fair (Forum pour d'Autres Indicateurs de Richesse) estime que le rapport est utile pour la remise en cause de « la domination du PIB mais insuffisant quant au « développement durable et est trop focalisé sur les indicateurs monétaires ». Le collectif Fair et le rapport Stiglitz sont d'accords sur un point : la remise en cause de « la domination excessive du PIB en tant qu'indicateur servant à guider la marche de la société ». 
« Cet indicateur [...] ne doit pas servir de référence à la décision politique car il ne fait aucune distinction entre les productions utiles et néfastes et qu'il contribue de surcroit à occulter nombre d'écueils majeurs dont certaines destructions environnementales à l'origine de la crise écologique et des dérèglements climatiques auxquels est désormais exposée l'humanité tout entière ». En revanche, il s'oppose à deux éléments du rapport. Le premier, « la conception du développement durable qu'il véhicule est focalisé sur certains besoins des générations futures, oubliant […] d'une part, l'impact social des politiques économiques en place et, d'autre part, les exigences de gouvernance et de démocratie qu'il conviendrait de prendre en compte dans les indicateurs globaux de richesse ». « Il fait aussi l'impasse sur les processus qui devraient sous-tendre l'élaboration de nouveaux indicateurs ». Le second problème se heurte à « la place – excessive selon nous – que tiennent les indicateurs monétaires. » Selon eux c'est  « un indicateur inadapté, peu transparent et incompréhensible par les non-spécialistes ». Après avoir énuméré chaque problème relevés dans ce rapport, le collectif Fair s'attaque alors à la présidence de la Commission. Ils dénoncent le manque « d'ouverture » de la part de cette dernière, « composée à 90% d'économistes ». Ils mentionnent aussi que le rapport a été « timidement » mis en ligne et rédigé uniquement en anglais. Ils rappellent ensuite que c'est grâce aux associations, aux collectifs et à la mobilisation de chacun des acteurs de l'écologie et de l'économie que ce projet est né. Comme ils vivent dans une démocratie, ils pensaient être conviés aux discussions, mais ce ne fut pas le cas. Ils conjecturent que c'est l'une des raisons de l'échec partiel de ce rapport. Raison qui les a motivés pour écrire ce que l'on pourrait qualifier de contre-rapport. 

   Enfin à l'échelle française, l'éternelle question de l'égalité revient au jour avec la publication d'un constat de l'Observatoire des Inégalités et d'Alternatives Économiques, selon les chiffres de l'INSEE. « Entre 1997 et 2007, le niveau de vie annuel des Français les plus aisés a progressé de 5 % soit 4 800 € (une fois l'inflation prise en compte), celui des  moins aisés de 10 % soit 1 360 euros. L'écart entre les deux groupes s'est creusé de 3 500 euros : de 29 400 euros en 1997, il est passé à 32 900, soit deux ans et huit mois de Smic, déduit l'étude ». Même si les statistiques montrent que « les revenus des plus pauvres ont augmenté de 15 % pendant la période, contre 12 % pour les plus riches », les pourcentages sont la dernière des préoccupations d'une personne en situation précaire. Pour résumer, une partie du pouvoir d'achat des pauvres augmente tandis que l'écart avec les riches continu de se creuser. Un problème à demi résolu. 


Maxime Blanc

Par Maxime Blanc - Publié dans : Economique et social
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