
On parle de la Chine, de l'Inde comme pays émergeants. Certes, ils avancent, mais ceux qui pensent
aussi à leur autonomie du point de vue économique, ce sont les Suds. Ils constituent une masse de population supérieure aux Nords, nous en quelques sortes, plus développés.
Annoncé dans le Monde hier, l'Équateur serait le premier pays d'Amérique latine à se lancer dans la production
indépendante de médicaments en Amérique latine et signerait donc l'arrivée de la première industrie pharmaceutique nationale du pays.
Mais la révolution n'est pas que là, le président équatorien, Rafael Corea, a fermement condamné le recours à
des médicaments fabriqués par de grandes multinationales qui apposent leurs brevets dessus et prévoit ainsi de favoriser la nouvelle industrie du pays. Une réforme qui tombe à point, car avec la
crise, permettre à l'économie nationale de se « refaire une santé » est plus qu'essentiel.
Cela permettrait peut-être d'amorcer une autre alternative à la résolution du combat des ONG contre la pauvreté
et les problèmes de santé publique, auxquels se heurte plus de la moitié des équatoriens (plus 7 millions de personnes).
La situation en Équateur, côté qualité de vie, est la même quand Colombie, Venezuela, Brésil et
Bolivie si on tient compte de l'IPH (Indice de Pauvreté Humaine) et de l'IDH (Indice de Développement Humain). Tous les pays cités aux côtés de l'Équateur sont en dessous de la moyenne mondiale
sachant que les donnés de l'IPH sont de 2003 et celle de l'IDH de 2005.
C'est peut-être l'une des raisons qui encourage les autres pays à reproduire la politique de l'Équateur vis à
vis de cette industrie.
Même si c'est une vague d'optimisme qui arrive pour ces pays, certains problèmes subsistent.
Comme, le financement de certaines licences sur des médicaments brevetés. D'après les spécialistes, il est possible d'écarter certaines licences sur des médicaments mais pas
tous.
Autre problème, les laboratoires présents en Équateur n'en sont pas véritablement. En effet, la plupart d'entre
eux ne font que « conditionner le produit fini, explique Antonio Difare, gérant d'un laboratoire. L'Équateur, poursuit-il, ne pourra pas se servir de ces laboratoires pour fabriquer ses propres
médicaments et devront importer le principe actif, les molécules ».
De plus, selon le quotidien El Comercio, qui a mené consciencieusement son enquête, 243 entreprises
pharmaceutiques sont implantées en Équateur. Parmi elles, 177 sont étrangères ou sont des filiales de groupes étrangers. Elles constituent environ 73% de la production pharmaceutique du pays.
Tout comme en Colombie, qui compte 1650 entreprises pharmaceutiques dont 594 sont nationales et 1056 sont multinationales. Ces dernières dégagent 68% des recettes contre 32% pour les laboratoires
nationaux. La Colombie aura bien du mal à concurrencer les grandes firmes même avec beaucoup de bonne volonté. « Ce sera un long processus, confie Antonio Difare au Monde. »
Photo: Rafael Corea en campagne en 2006
Maxime Blanc
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